EPILOGUE

 

« On peut pas vivre sans mains. Sans intestins, à ce qu’il paraît, on vit. Sans pieds, sans jambes, on vit. Et même sans yeux. Mais sans mains, non. On ne peut même pas porter un verre d’eau à sa bouche, sans mains on ne peut pas se laver le visage, déboutonner son pantalon pour pisser, caresser une femme, écrire. Sans mains on est plus mutilé qu’un homme coupé en deux ». Extrait de INCHALLACH de Oriana FALLACHI.

Et pourtant :

D’entrée de jeu je le signalais : la faute première de mon attirance pour la Chine, pour ce vaste pays aux mœurs et aux coutumes aussi mystérieuses qu’incompréhensibles pour un enfant de neuf ans, cette faute première incombe au grand Saint Nicolas qui apporta dans sa hotte la bande dessinée du « Lotus Bleu ». Pour moi, cela ne se discute pas : Tout au long de ce périple, sans relâche il veilla du haut du ciel sur la bonne marche de ma chaise-palanquin. Il ne fut pas le seul, par ailleurs, a porter son regard attentif sur le bon dénouement de la réalisation de ce rêve d’enfance. « Toi aussi, Michel, mon frère, toi aussi tu fus continuellement dans le sillage de mon ombre vivante afin de me tenir les mains lorsqu’il m’arriva de lâcher prise. Tu fus toujours là pour me donner les coups de fouets nécessaires lorsque mon échine fatiguée ne se redressait pas assez vite à mon goût. A mon gré.
Oui, tu fus présent pour partager mes joies simples et mes émotions à fleur de peau. Et Dieu sait qu’elles furent nombreuses, diverses et indicibles ». Ici, maintenant, en cette minute, j’ose l’écrire, j’ose l’affirmer : Michel, je suis particulièrement fier de n’avoir pas démérité à tes yeux ! Ni aux yeux de nos parents et de toutes les personnes qui, depuis que je suis passé de « L’Homme Debout » à la station de « L’Homme Couché », m’ont permis de vivre décemment et dignement. Sans eux et sans toi, depuis longtemps j’aurais déserté ce monde parfois invivable ».

Longtemps j’ai porté en moi ce rêve complètement utopique de fouler le sol chinois. Ai-je pour autant trouvé la voie - ma voie - comme l’un des héros de Hergé le demande à Tintin alors qu’il veut le décapiter ? Un fait est certain, je suis revenu avec ma tête sur les épaules - ce n’est déjà pas si mal - et dans ma tête de rêveur il y a une quantité d’images et d’impressions colorées que j’ai tenté de restituer le plus honnêtement possible tout au long des lignes précédentes. Historien ? je ne le suis pas. Sinologue ? je le suis bien moins encore. Aussi ce témoignage est forcément subjectif. Personnel. Imparfait. Mais je ne demande à personne de partager mes opinions ou mes points de vues. De plus, il faudrait une vie entière pour écrire l’Histoire de ce pays immense. Dès lors, je peux dire que ce voyage a changé et modifié ma « Voie et ma vision de la Vie ».

Plus que jamais, j’ai l’intime conviction qu’il n’y a qu’une seule voie qui peut mener à un certain bonheur : la voie de l’amour et de la tolérance. Certes, je ne devais pas aller en Chine pour comprendre cela. Cependant, sans l’amour et la tolérance - l’indulgence également - d’Isabel et de Thierry, jamais, même avec l’aide de Saint Nicolas, jamais je n’aurais pu vivre ni écrire ce qui, désormais, est et restera comme
l’expérience la plus riche et la plus extraordinaire de ma vie « D’Homme Assis ». Et lorsque je parle d’amour, c’est bien entendu celui du coeur!

Enfin, il me semble important d’écrire et de dire qu’il ne faut pas confondre le peuple chinois et les autorités chinoises. Ce n’est pas une lapalissade; c’est une vérité si simple, si commune, que nombre de personnes commettent cet amalgame regrettable.

 

Bruxelles, 10 mai 1997/10 janvier 1998.

REMERCIEMENTS.

Je tiens à exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui m’ont aidé dans l’élaboration de ce récit :

- A mon amie Francine Robert qui a recopié mon manuscrit en acceptant de nombreuses et pointilleuses corrections de ma part.

- Aux Guides de Voyage : Nouvelles Frontières, Loneley planet et Berlitz. Aux périodiques Larousse.

- Aux auteurs, écrivains, philosophes et autres personnes célèbres ou non, dont j’ai emprunté une pensée ou une citation, toujours mise entre guillemets dans mon texte.

- A Jean-François Revel et à Matthieu Ricard dont le livre « Le moine et le philosophe » me fut d’un grand secours pour mieux comprendre le bouddhisme tibétain.

- Sans Hergé, sans Tintin, vous le savez désormais, jamais probablement je ne serais tombé, si jeune, dans la marmite-fascination de la Chine.

- Des écrivains et « des aventuriers de la vie » tels que : Douchan Gersi; Lucien Bodard; Michel Peissel; Jean-François Deniau; Haroun Tazieff; Henri Troya; Alain Peyrefitte; Vassili Grossman; Vladimir Nabokov; Bernard Pivot; Françoise Giroud; Marguerite Duras; et Orianna Fallachi ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à ma passion de l’écriture et de l’évasion.

- Les suggestions et les encouragements de Huguette et de Jeannot, de Renée, de Mady, de Christel, de Ariane, de Francine et de Lucien, me furent des plus précieux et je les remercie une fois de plus.

- Un merci tout particulier aux membres et bénévoles de L’A.M.V. ainsi qu’à la Fondation Cédric et au Docteur Helborn.

- Aux amis de l’Ordre de Malte qui me sortirent, avec simplicité et gentillesse, d’un grand moment de déprime et de découragement.

- Enfin, j’embrasse mille et une fois, mes chers et adorables parents qui, tout au long de ces mois d’écriture, acceptèrent mes humeurs et mes doutes, et qui, aussi souvent que mon travail l’exigea, furent les « ombres de mon ombre » afin d’être à l’écoute de mes nombreuses demandes.

- Que tous trouvent ici l’assurance de ma gratitude. Ce récit, cependant, n’engage évidemment que son auteur.

FIN!

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