Nadia, j'aurais aimé les écrire, mais c'est toi qui les as fait.
Et comme tu me l'as dit:
"Mes mots appartiennent à ceux qui les aiment, à toi ils appartiennent de droit puisque tu les as toujours aimés."
Non...
C'est l"on verra" demain
D'une raison féminine
Un souffle intimidé
Un geste qui se retient
Un pas qui accélère
Le rythme d'un regard
Une approche timide
Vers un oui indécent
C'est l'angoisse d'attendre
Le coeur à fleur de peau
L'éclipse de trois points
Sur un mot incertain...
Tes yeux
Ils glissent sur ma mémoire en éclats de bonheur
Ils sont couleur d'étoiles dans tous les tons du temps
Quand leurs mots et silences se délient sur mon coeur
Ils fondent leur vie de miel sur mes nuits de néant
Tes yeux sont mon amour sous mon ame et ma peau
Ils m'ont appris des reves, je les ai enfermés
Magie sucrée et chaude, étoiles aux mensonges beaux
Ils ont de la lumière cloné tous les secrets
Ils salivent des larmes parfois en mon absence
Je sens monter alors dans chaque repli du foie
Des battements de cils et des cris de silence
Une impuissance visqueuse me frappe à l'émoi
Tes yeux sont mon amour le miroir de ma vie
Tes yeux sont mon amour la fuite et le salut
Tes yeux sont
Mon amour
Tes yeux.
Loin
Comme un sommeil couché les yeux fermés très loin
Au temps des mises à mort des mots sans couverture
Une musique endormie, là, vautrée dans son coin
Ferme de toutes ses clefs chaque trou de serrure
Sous l'ombre rassurante du temps et ses remparts
Je suis déjà partie, j'ai déréglé les heures
Dans la logique plate des portes qui séparent
Au delà de leurs claques, plus loin que leur ailleurs
Ni des Dieux ni des Maitres je ne veux le regard
Qu'ils gisent les fesses en l'air sur leurs pages ordonnées
Sur leurs mots avortés et les guerres qu'ils égarent
Sur nos vies de béton, sur le fil des années.